lundi 16 mars 2015

Dyslexie, quand une difficulté devient une force.

Aujourd'hui  c'est  un  article très  personnel  que  je  publie.  J'ai beaucoup hésité à le mettre en ligne  mais   je   me   suis   dit   que   mon  vécu  pouvait  peut  être  intéresser des personnes touchées  par  ce problème  qui, il  faut  bien  le  dire, entraîne énormément de difficultés dans la vie de tous les jours.


Comment vivre avec la dyslexie


➾ Retour vers le passé...

Mes années collèges ont  été difficiles: beaucoup des matières, un emploi du temps, les devoirs qui se sont  multipliés.  Tout d'un coup, c'était un autre univers.
J'ai commencé à rencontrer des difficultés dés la primaire. Mes difficultés se sont accumulées lorsque j'ai été déscolarisée durant plusieurs mois suite à la séparation de mes parents. Je commençais donc  mon entrée  en 6eme avec pas mal de lacunes.

➾ Des paroles qui font mal...


Je me souviens de ce prof d'histoire-Géo que j'ai eu  en 6eme et 5eme... 
Je me souviens de ses mots sur mon bulletin de note:  "vous êtes un escargot, la classe avance plus vite que vous"
Je me souviens  de la fois où il m'a demandé de me mettre face à la classe car je n'arrivais pas à prononcer  "Tchécoslovaquie"...   Je ne comprenais pas pourquoi c'était si difficile pour moi, si complexe dans ma tête. Devant mon incapacité à le dire correctement, il s'est agacé et a finit par dire: "Vous êtes stupide ma pauvre enfant":  à 12 ans,  ce sont des paroles bien difficiles à entendre surtout lorsque cela vient d'un adulte. 
Je rencontrai  également des difficultés en Français. Ma hantise était d'être interrogée en lecture orale:  tout d'un coup, je voyais les lettres se  mélanger, c'est un peu comme si je ne comprenais plus rien. Tous ces sons, toutes ces lettres qui me semblaient identiques, pour lesquelles  ne n'arrivaient pas à faire de différences... L'angoisse n'arrangeait  rien:  la panique se mêlait à mes difficultés... un vrai moment de calvaire! 

Pourquoi  j'étais incapable d'être comme tout le monde, pourquoi tout était si difficile? 
Et puis un mot est venu clarifier ma situation en fin d'année de 5eme. Un mot qui m'était inconnu.  

comment un mot peut changer votre vie

Dyslexie, ce  mal qui était responsable de mes difficultés depuis toutes ces années. C'était lui qui me m'était un frein, qui m'empêchait d'avancer au même rythme que mes camarades.  Ce mal qui m'avait valu d'être nommé par des mots qui font mal au cœur.

En fin d'année de 5eme, on m'a proposé une 4eme classique mais allégée. L'aménagement spécial de l'emploi du temps  a été comme un bol d'air. J'avais plus de temps pour faire mes devoirs. J'ai beaucoup travaillé, la motivation était là d'autant que  mon travail commençaient à payer. C'était comme si tout était redevenu possible.
Il a fallu que je fasse mes preuves. Je me souviens d'une réflexion qu'on m'avait faite lors d'un stage en crèche lorsque j'avais "révélé" ma dyslexie: "Tu n'y arriveras pas".
Et pourtant, j'y suis arrivée!

Peut-être parce que je suis tombée sur des personnes qui m'ont dévalorisées, des personnes qui m'ont dit que ce n'était pas la peine de tenter. J'ai eu envie de me battre pour mes rêves.

Être dyslexie ne signifie pas que  vous n'arriverez à rien. Battez-vous, travaillez trois fois plus que les autres, ne vous laissez pas abattre. Même si c'est un combat de chaque jour, rien n'est impossible lorsqu'on s'en donne les moyens.


--- Rejoignez moi sur les réseaux sociaux ---

facebooktwitterinstagramhellocotonpinterest

--- N'hésitez pas à partager ci-dessous cet article à votre entourage ---
Natie

16 commentaires :

  1. Après des années et des années de bataille acharnée où j'ai à peu près fait tout ce qui était humainement possible pour mon fils on commence enfin à mettre un nom sur sa "différence". On me parle enfin de ce que je suggère moi qui ne suis pas médecin depuis des années. Semaine dernière la psychomotricienne a parler de Tdah et Dyspraxie ce qui même si c'est assez différent de la dyslexie est tout aussi long à nommer. Le chemin est encore long avant que tout soit officiel mais je ne lacherai pas le morceau. Bisous à toi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le plus long c'est de savoir exactement ce qui est la cause des difficultés afin d'avoir une bonne prise en charge. Tu as bien raison de te battre, il faut être très vigilent.

      Supprimer
  2. coucou

    tu as eu raison d 'en parler sur ton blog et de nous livrer ton expérience, car c'est cela aussi un blog, un lieu de partage et d'échanges sur differents sujets.....
    beaucoup d'enseignants sont largués par des problématiques tel que la dyslexie, en fat tout ce qui sort de leur champs de compétences et pour certains ne s 'intéressent pas ou en veulent pas s'intéresser aux problémes que rencontrent certains éléves....ou alors certains c'est de la pure connerie , surtout les anciens lorsque nous étions jeunes...maintenant il y a des répérages fait , avec des équipes qui viennent en amont, car quand je vois qu 'aujourd hui encore, des gens sortent sans savoir lire,ni écrire, je me pose des questions, car c'est un réel handicap....
    de toute façon dans chaque combat, il faut avoir envie de retrousser ses manches, et surtout de na pas penser qu'avec le temps, ça s 'arrangera car ce n 'est pas vrai...;tu as trouvé ta voie aujourd hui et tu ne t ai pas laissée intimidée par des gens qui n'y connaissaient rien....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Effectivement , il y a quelques années, je pense que les enseignants n'étaient pas assez formés pour repérer les difficultés d'où mon expérience.

      Supprimer
  3. Coucou Natie !

    Ton article est super intéressant !

    Bravo pour t'être battue et pour avoir fait mentir ces personnes négatives !

    Gros bisous et très bonne soirée !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Le plus difficiles finalement c'est le regard des autres et les paroles blessantes. J ne comprends pas qu'un prof puisse réagir comme cela même si à l'époque , il n'avait peut être pas les compétences pour reconnaître le problème, il y a tout de même un facteur humain qui fait défaut :(

      Supprimer
  4. Très bel article, et bravo pour être passée au dessus de ça!

    RépondreSupprimer
  5. coucou natie, bravo ma belle, par cet article tu as démontré à tout ceux qui t'ont pourri la vie avant que tu y es arrivée sans eux, bisous

    RépondreSupprimer
  6. beau témoignage! heureusement c'est beaucoup mieux connu et on arrive à accompagner les enfants dyslexiques et leur proposer des outils et jeux adaptés!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui je pense que de nos jours, les enfants sont mieux repérés ^_^

      Supprimer
  7. Ton témoignage est rassurant, il montre que la dyslexie n'est pas une fatalité, qu'on peut s'en sortir, il faut simplement plus de temps et de travail que les personnes n'ayant pas ce handicap. On est dyslexique toute sa vie et l'on ne peut pas se comparer aux autres car nous sommes trop différent. Je suis dyslexique, c'est pourquoi je visualise très bien ton chemin parcouru. Pour ma part, j'ai été décelé dyslexique en primaire par mon orthophoniste, qui a su me prendre car je suis arrivée chez elle complètement fermée, c'est à peine si je pouvais parler. J'ai redoublé mon CE1 et cela m'a marqué, les profs me délaissaient, et je sentais que je ne valais rien à leur yeux. Cette indifférence et ce jugement négatif m'ont donné l'envie comme toi de me battre, comme si je voulais prouver que j'étais quelqu'un, que je pouvais réussir. J'ai très mal vécu mon primaire, mal de ventre tous les matins et cela jusqu'en 6ème. C'est en 6ème que j'ai commencé à trouver une logique en maths, à aimer lire, à me dire que les mauvaises notes ne venaient pas de moi mais de ma dyslexie que je valais mieux. C'est dans cet état d'esprit que j'ai progressé petit à petit. J'ai aussi eu la chance d'avoir une bonne mémoire. Aujourd'hui je suis en licence de biologie, je n'ai pas eu le droit de bénéficier d'un tier temps en raison de mon nombre d'années avec l'orthophoniste trop petit... Je suis toujours frustrée par mes résultats car je pense qu'ils ne reflètent pas mes capacités, je met toujours plus de temps que les autres. Mais comme m'avait dit mon orthophoniste avec qui j'avais de très bonne relation, nous dyslexique on a des obstacles à franchir sur notre route que les autres n'ont pas, donc il est normal de mettre plus temps :) Et je trouve que ce handicap nous aide à mieux comprendre les personnes qui présentent une différence. Pour ce qui est des amis, j'ai du mal à être en accord avec eux, à être "dans le bain" et me sens donc souvent isolée... Je ne sais pas si tu ressens la même chose. En tout cas merci pour ton témoignage et bon courage pour la suite ! La clé c'est de croire en toi ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Clémence
      Je me retrouve bien dans ton parcours. La dyslexie est un combat quotidien. Là où tout paraît si évident pour les autres, nous demande plus de temps pour nous.L'important est d'en être consciente d'accepter cette différence pour pouvoir avancer,certes, surement moins vite que les autres mais peu importe, l'essentiel est de ne pas baisser les bras.Pour ce qui concerne les amies, j'en avais peu mais c'était de bonnes copines. Bon courage à toi Clémence et ne lâche pas surtout.

      Supprimer
  8. La preuve qu'on peut s'en sortir avec de la motivation! Heureusement que de nos jours, la dyslexie est mieux connu et reconnue. Dur pour un enfant d'entendre des mots blessants comme l'a fait ton prof!
    Superbe article, tu as eu raison d'en parler.
    Bisou

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui fort heureusement, c'est vite repéré de nos jours: plus c'est détecté jeune, mieux c'est . ^_^

      Supprimer

popstrap.com